La richesse de nos terroirs

 

Un petit peu d’histoire tout d’abord puisqu’on cultive la vigne sur notre terroir depuis le Moyen-Âge. Ce sont les moines qui plantèrent le fameux cépage de Cabernet franc tout autour de l’Abbaye de Fontevraud. On évoque plus particulièrement l’abbé Breton puisque ce dernier laissera son nom à notre cépage principal : l’ancien nom du Cabernet franc était, en effet, le « Breton ».

Impossible également de ne pas mentionner le nom latin de notre appellation principale qu’est le Saumur-Champigny : « Campus Ignis » qui signifie champ de feu. Comme ce nom l’indique, notre terroir a la particularité d’emmagasiner les fortes chaleurs de la journée pour les restituer durant la nuit.

 

Un peu de technique également car la richesse de nos terroirs vient aussi et surtout de leur composition argilo-calcaire. Notre village de Saint Cyr en Bourg est situé sur une « cuesta » calcaire appartenant au turonien moyen. Plus connue sous le nom de craie tuffeau, la merveilleuse pierre qui a servi à construire les Châteaux de la Loire. C’est dans cet étage géologique de crétacé supérieur que le calcaire est le meilleur pour nos vignes. Il est tendre, profond et toujours humide. Il permet à nos ceps de s’enraciner très profondément (jusqu’à 15/20 mètres) et d’y trouver toujours suffisamment d’eau pour la bonne maturité des raisins. C’est ainsi que ce sous-sol absorbe les précipitations hivernales et les restitue ensuite, avec parcimonie, tout au long de l’année, pour éviter à nos raisins de souffrir de sècheresse.

 

Autre richesse de notre terroir, sa perméabilité. En effet, l’eau s’y infiltre très facilement et nos sols ne présentent jamais d’excès d’humidité. Ils sont ainsi très faciles à travailler. Enfin, suivant l’exposition et l’altitude des parcelles, nos sols sont plus ou moins chargés en argile et donnent ainsi des cuvées très différentes entre le haut de la butte et le bas des pentes. Nos cuvées les plus concentrées, le Clos des Châtains, les Loups Noirs, Blancs et Dorés, se situent à mi-pente et sont exposées sud-ouest.

 

Dernière information importante, le vaste programme de développement de la biodiversité que nous avons mis en place sur notre zone d’appellation. Avec l’ensemble des vignerons du Saumur-Champigny, nous nous sommes engagés dans un processus visant à rétablir un équilibre biologique entre les ravageurs de la vigne et leurs ennemis naturels. C’est la seule appellation de France à avoir une telle politique. En replantant des haies en bordures de nos parcelles, nous augmentons la biodiversité végétale, support de la biodiversité animale. Les haies ont, en outre, un rôle dans la protection des sols, la régulation des écoulements d’eau et l’intégration paysagère.

 

Notre « microclimat »

 

Nous sommes nombreux à nous targuer de bénéficier d’un magnifique microclimat mais, en ce qui nous concerne, voici quelques chiffres, pour preuve :

  • La pluviosité la plus faible du département : 525 mm par an, en moyenne à St Cyr en Bourg, contre 630 pour Angers et 900 comme moyenne nationale.
  • La plus forte moyenne de températures de la région avec 15,7°

Tout cela n’est pas dû au hasard et s’explique assez simplement. Tout d’abord, le relief des mauges et le triangle Loire, Thouet et Forêt de Fontevraud, nous protège d’un excès d’humidité (qui d’ailleurs, n’a jamais remarqué en traversant la Loire, que les nuages et les pluies restaient bien souvent au Nord…). D’autre part, notre vignoble est situé à la limite Est de l’influence océanique, ce qui explique la faible pluviosité mais atténue également les températures extrêmes de l’été et relève sensiblement celles de l’hiver.

 

 

Notre savoir-faire dans les vignes

 

38 hectares de Cabernet franc, 8 ha de Chenin, 1ha de Chardonnay… on peut dire que ça occupe.

 

Notre mode de culture : l’agriculture très raisonnée depuis très longtemps. Nous ferions également partie de ceux qu’on appelle les « sans-papiers ». Ni vignerons conventionnels, ni purs-biologiques.  Nous sommes convaincus de la nécessité de s’inscrire dans une démarche « bio » sans pour autant vouloir être trop extrémistes. C’est aussi, selon nous, une façon de rester plus libres dans chacun de nos choix…

 

Notre point fort : d’excellents terroirs argilo-calcaires comme expliqué précédemment et une parfaite maitrise de notre Domaine. L’âge moyen de notre vignoble se situe aux alentours de 30 ans, et certaines vieilles vignes atteignent plus de 80 millésimes. Nos parcelles, nous les connaissons donc toutes dans leurs moindres détails. En fonction de leur antériorité, de leur exposition et des clones qui y sont plantés, nous savons précisément celles qu’il vaut mieux tailler tardivement, celles qui sont à effeuiller en priorité mais aussi celles qu’il faut récolter plus précocement ou celles qui pourront, dans les grandes années, attendre patiemment pour des vendanges tardives.

 

Nos vendanges : Toute l’attention portée à nos vignes tout au long de l’année va se traduire dans cette récolte. C’est donc l’aboutissement de toute une année de travail et chaque millésime est, pour nous, comme une nouvelle naissance. Pour choisir la date optimale de vendange de chaque parcelle, nous nous basons sur des critères quantitatifs (comptages et prélèvements sur des ceps précis pour déterminer le degré potentiel et l’acidité des raisins), qualitatifs (dégustations de baies chaque jour pour évaluer la sucrosité, l’acidité et la présence des tanins au travers de l’épaisseur de la pellicule, du gout des pépins…)  mais aussi sur notre expérience et notre savoir-faire.

 

 

Et enfin, parlons vinifications…

 

Nous disposons d’un chai, ou cuverie, comme disent nos amis Bourguignons, construit en 1988 et tout récemment rénové. Nous venons en effet d’investir dans de belles cuves en Inox de 100 hl et 150 hl. Nous avons opté pour cette contenance de façon à pouvoir, encore plus, vinifier nos cuvées par parcelles. Au-delà de ces vinifications plus parcellaires, il nous semblait également important  d’homogénéiser les contenances de chacune de nos cuves pour optimiser, là encore, notre qualité de travail.

 

Outre les bienfaits de l’Inox (qualité de travail, hygiène…), ces cuves ont surtout l’avantage d’être thermo-régulées. Nous maitrisions depuis longtemps les températures de nos vins, notamment pendant les fermentations, mais nous pourrons désormais le faire de façon automatique et donc encore plus précise. Vivement les vendanges 2012 que l’on remplisse ces nouvelles cuves avec nos raisins !!!

 

Parallèlement à ce matériel très récent, nous ré-utilisons depuis peu nos merveilleuses caves en tuffeau. Utilisées jusque dans les années 1985, nous avions préféré les garder uniquement pour la conservation de nos vieilles bouteilles et opter pour des vinifications dans notre chai climatisé. L’année 2012 aura été marquée par la réhabilitation de notre grande galerie souterraine et la descente de nos barriques en cave. Les conditions sont en effet parfaites pour l’élevage de nos vins : la température de 14° est constante toute l’année et le taux d’hygrométrie est idéal.

 

Au-delà de la technique, n’oublions quand même pas le savoir-faire des vignerons. Au Domaine de Nerleux, c’est tout d’abord une transmission qui s’opère depuis 9 générations. Là où les jeunes générations apportent de nouvelles idées et tentent de nouveaux essais, la sagesse et l’expérience des plus anciens sont un atout majeur pour une qualité, toujours irréprochable, de chacune de nos cuvées. Ne minimisons pas non plus, les conseils avisés de notre œnologue, Jean-Michel Monnier, et les échanges que nous avons sans cesse avec famille, amis, collègues et clients qui nous permettent chaque jour de tirer le meilleur parti de nos raisins.